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Cérémonies traditionelles bassari
(Cérémonies traditionelles bassari)

Ethiolo capitale des Bassaris. 24 Décembre 2005. Le village s'est vidé de ses habitants. Seuls Balingor, le chef du village et un homme étaient présents pour nous recevoir et nous entretenir du mode d'organisation de la société bassari. En cette période de récolte, les habitants d'Ethiolo sont dans les champs où ils passent plus de la moitié de la journée. "Le bassari est quelqu'un qui aime la solitude. Il aménage tout dans les champs où il reste durant une bonne partie de la journée. En ce mois de Décembre, ce sont les récoltes qui prennent leur temps", explique un étudiant bassari, Pascal Indéga Bindia. Comme les Bediks, les Bassaris vivent dans les milieux élevés. Ils sont répartis entre les villages de Mbongue bassari, Ekess, Edane, Ebarack, Egnassira et Ethiolo. Les bassaris tiennent au respect du supérieur comme les Bediks s'attachent à leurs valeurs traditionnelles. "Le respect du supérieur est un principe sacro-saint. L'enfant n'a pas le droit de désobéir à ses parents et à tous ceux qui sont plus âgés que lui", révèle Balingor, un Bassari qui doit son sobriquet à son séjour dans le village de Balingor dans le département de Bignona. Et certains adages comme "un enfant qui a les mains propres peut manger dans la calebasse des adultes" n'ont pas de valeur chez les Bassaris. Celui-ci doit suivre un processus. Les changements de classe se font tous les six ans.
Pour mieux asseoir une mainmise sur leurs enfants, les bassaris ont une case commune où dorment les enfants de toutes les familles. "A partir de 7 ans, l'enfant ne dort pas dans la maison familiale. Il passe la nuit dans la case commune. Cela permet aux anciens de mieux les suivre", explique Balingor. Mais un autre facteur qui permet de renforcer le respect du supérieur, c'est la célébration de la fête d'initiation.


La fête d'initiation

Combat contre les masques
(Combat contre les masques)
Rite d'initiation
(Rite d'initiation)
C'est dans leur capitale Ethiolo que les Bassaris célèbrent leur initiation. Quand un village veut amener au bois sacré ses enfants, il saisit le chef d'Ethiolo. Celui-ci convoque les chefs de famille de ce village pour dénombrer ceux qui sont prêts pour la fête. Ces derniers doivent impérativement construire deux cases à Ethiolo. L'une va servir à accueillir les invités. L'autre fera office de grenier pour garder les offrandes que les invités donneront à la mère de l'initié. Aujourd'hui, certaines de ces cases sont en ruine, car l'initiation ne se célèbre pas chaque année. Cinq ans peuvent séparer une initiation d'une autre. En plus, ils doivent désherber les alentours et nettoyer les places de leur capitale. Celle-ci débute toujours un jour de dimanche.
érémonies d'initiation
(Cérémonies d'initiation)
Masque bassari
(Masque bassari)
Le point d'orgue de cette fête, c'est le combat qui oppose les masques armés d'arc aux futurs initiés. Mais, avant le spectacle, les vieux ont déjà réparti les adversaires. "Les coups de fusils sont des signaux pour dire aux masques de descendre des montagnes. Les enfants indociles combattent avec les masques plus méchants. C'est un combat épique. Les invités et les parents des circoncis viennent en masse pour contempler le spectacle. Après, les mères des enfants offrent des cadeaux aux masques", indique Balingor.

Après cette cérémonie d'ouverture, les garçons passeront au moins une semaine dans la grotte avant de rejoindre la case sacrée. L'initiation peut durer des semaines voire des mois. Certains parlent même de cinq mois. Les initiés ne deviennent pas des adultes tout juste après leur sortie du bois sacré. Ils doivent attendre la célébration de la prochaine initiation pour rejoindre la cour des grands. D'ailleurs, ils sont tenus de ne pas entretenir des rapports sexuels durant toute la période qui sépare les deux fêtes.

Mais les Bassaris c'est aussi une société matriarcale. L'enfant ne prend jamais le nom du père comme chez les wolof, mandingue, toucouleur... mais celui de la mère. Ils ont 7 principaux noms (Bonaga, Bindia, Biesse, Boubane, Bianquich, Bangar, Bandiar) et 7 principaux prénoms (Kaly, Tama, Endéga, Yéra, Thiara, Pata Mamy). Les enseignants d'Ethiolo leur créditent d'une grande générosité.


Par Idrissa Sané
En ligne le 04-11-2006 - Lu 891 fois


Commentaires (1)Add Comment

rectifications
Ecrit par jean baptiste indéga bonang, 04 juillet 2008 - 11h31
c bien ce que vous avez écrit. mais seulement éthiolo n'est jamais la CAPITAL des bassaris c'est plutot EBARACK. c'est le village qui gardent toutes les commande des organisation des grandes fètes. il est le responable du fetiche. ebarack est celui qui décident de tout. et concernant les noms c'est BONANG, BIANQUINCH, BIDIAR, BOUBANE, BIESS, BINDIA, BANGAR et non pas BONAGA BIANQUICH ET BANDIAR

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