Jour 5 : Découverte du parc ornithologique de la                  Langue de Barbarie et visite de la ville de                  Saint-Louis

1- Visite dans la matinée du parc ornithologique de la Langue de       Barbarie 

Motivations du participant :

- Recherche d’une authenticité naturelle
- Voyager équitable et responsable
- Participer à la sauvegarde de la nature et des cultures.

Principales attractions :
- Ecosystème fluvio-maritime exceptionnel, représentant une étendue de   terre en forme de langue tendue entre l’océan et le fleuve : un cas unique   au monde
- Variété des espèces d’oiseaux
- Grande concentration des espèces d’oiseaux et facile à voir
- Présence d’autres espèces de faune (mammifères, reptiles…)
- Phénomène remarquable : l’embouchure
- Milieu calme, isolé d’une beauté naturelle
- Ecosystème menacé à cause d’une brèche qui y a été ouverte
- Possibilité d’activité balnéaire
- Le site abrite un parc national
- Découverte du site le plus méridional de nidification
- Guide dynamique et instructif.

Présentation :
La Langue de Barbarie est formée par un dépôt d'origine alluviale de 65ha à partir du cimetière musulman de Guet Ndar jusqu'à l'embouchure. Orientée Nord-Sud, elle sépare le fleuve Sénégal à l'ouest et l'océan atlantique à l'Est.

Son paysage se caractérise par une vaste plage de sable de 20km bordée de filaos et sur la façade fluviale d'une frange d'arbustes serrés. Le relief est très peu accidenté et constitué d'un cordon littoral sablonneux. La durée d'insolation est estimée sur neuf mois.

C'est un écosystème fluvio-maritime exceptionnel, représentant une bande de terre en forme de langue tendue entre l'océan et le fleuve, un cas unique au monde.

La Langue de Barbarie est conquise dès le XVIème siècle par le navigateur portugais Denis Dias. Elle doit son nom au figuier de Barbarie qui poussait autrefois sur cette bande de sable.

La Langue de Barbarie abrite une partie du Parc National des Oiseaux de la Langue de Barbarie créé en 1976. Elle s'étend sur une superficie de 2000ha dans un paysage estuarien d'une beauté exceptionnelle. Le parc est constitué d'un écosystème varié et favorable. L'embouchure et l'îlot aux oiseaux sont les deux attractions naturelles du parc que nous n'allons pas manquer de visiter.

L'embouchure :
C'est une jonction entre le fleuve et l'océan, formant ainsi une unité d'étendue d'eau, dont les eaux ne se mélangent jamais. Elle représente l'extrémité Nord de la langue de sable s'étirant progressivement vers le Sud (jusqu'au quartier des pêcheurs de Guet Ndar). Le bout de la langue est la principale attraction touristique du parc du fait de son panorama exceptionnel et des importantes concentrations d'oiseaux migrateurs, pélicans gris ou blancs, flamants, limicoles...

L'îlot aux oiseaux :
Placé au milieu du fleuve à 5-7km de l'embouchure, l'îlot aux oiseaux fait environ 100 à 120m de diamètre. Il est colonisé par des graminées, des herbacés rampantes et des arbustes.

L’îlot accueille chaque année, d'avril à octobre, des milliers d'oiseaux migrateurs. Cette période correspond au temps de la nidification. Hypomea, pourpier de mer Sporobalis constituent ainsi un tapis végétal particulièrement recherché par des nombreuses espèces nidificatrices d’oiseaux migrateurs constitués essentiellement de pélicans gris et blanc en nombre impressionnant d’Avril à juillet, de mouettes à tête grise (3000 couples), de Goélands railleurs (2000 couples) et autres Laridés (sternes royale, caspienne, fuligineuse), cormorans, vanneaux éperonnés, échassiers migrateurs se relaieront, de Mars à Juillet, pour y construire leurs nids et s’y reproduire.

Les plages sableuses de la lagune coté fleuve, servent quant à elles de reposoirs aux pélicans, ici très nombreux, aux limicoles, aux sternes et autres laridés. Le fleuve, qui dans le secteur du parc, a déjà mêlé son eau douce à l’eau salée de l’océan, est lui aussi porteur de richesses.

L’aspect le plus intéressant qui urge d’être mentionné est la période des amours qui s’étale de fin mars à fin septembre : le meilleur moment pour visiter le parc.

Le Parc national de la Langue de Barbarie est aussi une zone importante de reproduction des tortues marines. Quatre espèces sont observées :
Tortue Luth (Dermochelys cariacéa), Tortue imbriquée ou à écailles (Fretmochelys imbricata) tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue olivâtre (Lepidochelus). Leurs  observations sont devenues très rare à cause des agressions exercées sur elles. 

La Langue de Barbarie abrite également une autre diversité biologique très importante. Différentes espèces appartenant à la classe des mammifères et des reptiles sont observées : il s’agit des lièvres à oreilles de lapin, varan, patas, mangouste, ratpalmiste, vipère heurtant, couleuvre et hérisson.

Activités :
Tôt le matin, après notre petit déjeuner, nous nous rendrons au village de Mouit. Ce sera le lieu d’embarquement sur des pirogues pour descendre le fleuve Sénégal jusqu'à l'embouchure. Le trajet sera très instructif car vous serez émerveillés par la variété des paysages et par une atmosphère détendue. Ce premier trajet fluvial calme et agréable nous mènera vers l'océan en passant au milieu des oiseaux du Parc national où nous pourrons contempler goélands, pélicans, colibris, mouettes à tête grise, hérons, aigrettes, cendrés et autres cormorans.

En poursuivant notre découverte vers l'embouchure, nous observerons les groupes de flamants et de pélicans, qui, à notre approche, s'éloigneront en un vol majestueux. Mais nous éviterons tout accostage afin de ne pas déranger les nicheurs. Sous la protection du cordon de sable de la Langue, nous évoluerons lentement vers l'îlot aux oiseaux. Nous croiserons probablement des pirogues revenant de leur campagne de pêche.
Loin de passer la barre, vous pourriez contempler la beauté de ce site salin et sableux. Nous jetterons l'ancre sur les plages intérieures de la Langue de Barbarie, à l'abri des courants, et vous pourrez apercevoir à l’embouchure, l’affrontement des eaux du fleuve à celles de l’océan formant ainsi une unité d’étendue d’eau, dont les eaux ne se mélangent jamais.
Ces eaux du fleuve constituent le segment du fleuve Sénégal du parc qui fait environ 15km de long sur une largeur oscillant  700m à 1km. L’état de ces eaux est tributaire  du barrage de Diama, des crues  d’hivernage, elles sont douces pendant l’hivernage et salées aux mois de Novembre-Décembre et Juin-Juillet. Le niveau des eaux dépend des marées.
Nous continuerons alors notre progression à pied vers l’embouchure, qui représente l’extrémité nord de la langue de sable s’étirant progressivement vers le sud. Elle constitue un écosystème singulier de par sa forme. A cet endroit, le chenal est très étroit et les sables mouvants rendent le lieu dangereux. La mer, sur 500 mètres, prend la couleur marron des eaux du fleuve qui s’y sont jetées.
Nous déjeunerons à l’ombre des filaos. Après un moment de détente tout juste après le déjeuner nous profiterons du beau soleil pour pratiquer une partie de baignade avant de partir sur Saint-louis.

2- Tour de ville de Saint Louis
dans l'après-midi

Motivation du participant :

- Recherche d’authenticité historique et culturelle

Principales attractions :
- Une des six villes africaines classées patrimoine mondial de l’humanité par   l’UNESCO 
- Architecture coloniale, originale mais menacée 
- Population hospitalière 
- Patrimoine urbain, architectural, historique et culturel parmi les plus   remarquables de l’Afrique de l’Ouest
- Guide dynamique et instructif.

Le site :

Historique :
Saint-Louis est l'une des plus anciennes occupations européennes au sud du Sahara.

Baptisée en l'honneur de Louis XIII, des Normands installent un comptoir dès 1659 sur l'île à l'embouchure du fleuve.

La ville se développe et devient le centre du commerce et le point de départ des expéditions coloniales. Elle prospère grâce au commerce (gomme d'acacias, esclaves), souvent détenu par les Signares, riches métisses à la beauté légendaire. Apparaissent alors de superbes demeures aux tons ocre-jaune, avec escaliers majestueux, balcons ouvragés, patios fleuris.

A la fin du 18ème siècle, Saint-Louis compte plus de 10 000 habitants, dont les fameuses "Signares", des femmes métisses qui étaient les épouses ou concubines des riches marchands.

Elle connaît son apogée à la fin du 19ème siècle : capitale du Sénégal puis de l'Afrique Occidentale Française.

Première capitale de l'Afrique Occidentale Française jusqu'en 1902, l'histoire de Saint-Louis est liée à celle de la colonisation. Considérée comme la vitrine de la France en Afrique, elle fut érigée commune de plein exercice et jouissait ainsi d'un statut particulier.

Le général Faidherbe fut son gouverneur le plus célèbre de 1854 à 1865. Il commence la conquête et la modernisation de tout le pays. Mais le déclin progressif commença en 1902 avec le transfert du gouvernement de l'AOF à Dakar. L'AOF regroupait les territoires du Sénégal, de la Guinée, de la Côte-d'Ivoire, du Soudan, du Dahomey, de la Haute-Volta, de la Mauritanie, du Niger. Saint-Louis fut aussi supplantée par Dakar comme du Sénégal en 1957

Présentation :
A 260 km au nord de Dakar, Saint-Louis est une ville de 180.000 habitants.
Porte du désert, elle est adossée à l’ Océan Atlantique et borde le fleuve Sénégal.

Depuis 2000, il est l’une des six villes africaines classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

L'ancienne capitale coloniale ne manque pas d'originalité, découpée en trois parties très distinctes autour du fleuve Sénégal : une partie sur le continent (où est basé le marché de Sor), la ville historique sur l'île et les quartiers plus populaires sur la langue de Barbarie. Le calme et le charme des anciens quartiers coloniaux de l'île contraste avec l'animation qui règne dans le quartier des pêcheurs, situé sur la langue de Barbarie.

Aujourd'hui, cette cité magique a hérité d'un patrimoine architectural unique : ses maisons ornées de balcons de bois ouvragé, le palais de la gouvernance dont l'architecture rappelle qu'il fut un fort, la très symbolique place Faidherbe ainsi que le pont métallique du même nom, l'ancien conseil colonial, l'hôtel de ville et la maison des sœurs en sont de parfaites illustrations.

Activités :
Visite de l'île de Saint-Louis
Lorsque nous arrivons à Saint-Louis nous découvrons en plus d'une société dont les manières d'être et la convivialité sont si singulières, un trésor d'infrastructures et d'édifices, témoins de l'histoire glorieuse de la veille cité.

Nous accédons à l'île par l'unique liaison, le pont Faidherbe. Ouvrage métallique de 507m de long et de 10,50 m de large, le pont est composé de 7 travées en arche dont la deuxième à partir de l'île est conçue pour pivoter autour d'un axe fixe afin de laisser passer les navires.
La chaussée centrale est bordée de deux trottoirs piétonniers. Vieux d'une centaine d'années, le pont, fut inauguré le 19 octobre 1897.

Lorsque nous arrivons dans l'île en descendant du pont Faidherbe, la vue est remplie par un bloc d'édifice, communément appelé Gouvernance. De l'ancien fort colonial, subsistent encore des murs à la base très épaisse, vestiges des premiers contreforts, visibles de la rue Milles Lacroix.

A l'Ouest, la Gouvernance s'ouvre sur une place ombragée portant le nom du Gouverneur Faidherbe dont la statue trône imperturbable dans le jardin. La place Faidherbe d’abord appelée la Savane ensuite place d’Oléans bordée par les casernes (1837) et comme veillant sur tout cela, Louis Léon Faidherbe, Gouverneur du Sénégal de 1854 à 1864. (Sur cette place, le Général Blanchot y célébra la victoire d’Austerlitz).

De part et d'autre de la place centrale de la Gouvernance les deux quartier de l'île : le Sud ou Sindoné et le Nord ou Lodo. Au file du parcours nous pouvons découvrir des édifices anciens à l'architecture typique.

Dans le Sud, première zone d'implantations Européenne appellée également kertian (du nom chrétien), on tombe dès les contournements de la Gouvernance sur la cathédrale.

Consacrée en 1828, elle fut la première église de l'Afrique de l'Ouest. Nous pourrons admirer sa façade néoclassique, son porche avancé et son fronton surmonté d'une statue de Saint-Louis.

Sur le même alignement vers l'Ouest l'ancienne école des Frères Ploërmel (1841), devenue au début du siècle établissement Peyrissac, conserve encore ses façades d'époque.

Vers le "Grand bras", un magnifique bâtiment blanc au balcon en fer forge richement décoré ; d'abord siège du Conseil Général, il devint Conseil Colonial puis Assemblée Territoriale, Assemblée Régionale et depuis peu Centre Culturel Régional.
Une fois franchie la lourde porte en bois, nous pourrons admirer le superbe plafond de bois à caissons peints.

Vers la Pointe Sud, nous pourrons découvrir l'ancienne maison des sœurs de Saint-Joseph de Cluny devenue aujourd'hui Service Régional des Impôts. Elle offre l'une des plus intéressante originalité de Saint-Louis avec son escalier monumental aux deux volets circulaires.

Avant d'arriver à la Pointe Sud, halte au Lycée Ameth Fall dont les bâtiments construits en 1840 sur l'emplacement du premier cimetière chrétien, abritèrent successivement l'hôpital civil puis le collège Blanchot avant de devenir Lycée de jeunes Filles. Sa cour majestueuse, l'équilibre de son architecture offre une sensation de douce intimité.

Accolé au lycée, un bâtiment plus moderne, le Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal (CRDS), ex Institut Français d'Afrique Noire (1954), abrite une importante bibliothèque, un trésor inestimable d'archives de l' A.O.F. Nous ne manquons pas la visite du Musée et de la galerie d'exposition d'art moderne.

De l'esplanade du CRDS, la vue est large et belle sur la plan d'eau qui s'écoule vers l'embouchure. Au delà, sur la langue de Barbarie, le quartier populeux de Guet N'Dar qui organise chaque année de grandes régates, le cimetière et l'hydrobase d'où partit Jean Mermoz pour sa traversée de l'Atlantique. A l'Est les quartiers plus récents de Sor, le St-Louis moderne.

Retour vers le quartier Nord par les quais qui longent le grand bras. Commencée en 1830, la construction des quais tout autour de l'île fut renforcée par Faidherbe et achevée par Roume. D'abord en bois puis de plus en plus en maçonnerie, ils permirent d'assurer la voirie et la salubrité de l'île de même que sa protection définitive contre les inondations.

Sur ces quais étaient débarquées et embarquées des marchandises qui faisaient l'objet du commerce fluvial. Des entrepôts alignés en enfilade, particulièrement sur le quais Nord témoignent de la prospérité d'antan.
Ces maisons de commerce bordelaises et marseillaises occupaient généralement tout un îlot avec cour intérieure fermée ; côté fleuve des entrepôts où étaient stockées les marchandises débarquées ; côté rue, des boutiques à grandes portes en bois et vitrine au rez-de-chaussée et appartements des négociants à l'étage avec vastes terrasses et balcons à balustrade.

Au bout des quais Nord, après l'Ecole Française, une grande silhouette en fer se détache, c'est la grue à vapeur de 20 tonnes.
Témoignage vivant de l'intensité du commerce fluvial de l'époque, cet ouvrage à vapeur est probablement l'un des rares existant encore au monde.

Plus loin, à gauche, le camp El hadji Omar, ex. camp Archinard, abritant l'ancienne poudrière et les cantonnements des "Tirailleurs Sénégalais".
De la Pointe Nord, vue sur l'amont du fleuve, juste en face, l'île de Bopp Thior où fut installée la première briqueterie de la région.
En revenant vers le centre ville, à la limite des allées, la Grande Mosquée, de style maghrébin fut édifiée par l'administration coloniale à l'intention de la communauté musulmane grandissante. Le clocher logé dans son minaret gauche reste une énigme.

Plus au centre encore, deux édifices voisins sur la rue Marie Parsine Abdoulaye Seck (ex. Brière de l'Isle) : le Palais de justice construit en 1841 dont l'escalier monumental et le portail en fer forgé frappent le visiteur, et la Maison militaire l'architecture si bien conservée. Ce dernier édifice, dit-on, aurait été bâti sur l'emplacement de l'habitation du gouverneur Schmaltz rescapé du fameux radeau de la méduse.

Tout au long du parcours de découverte, le visiteur aura remarqué le caractère typique des habitations.

C'est d'abord la maison à étage et toits de tuiles avec au rez de chaussée de grandes pièces aux lourdes portes en bois servant de boutiques. Côté rue comme côté cour, les appartements en enfilade aux plafonds hauts en bois et aux nombreuses ouvertures donnent sur des balcons avec balustrades sapin et en fer forgé. Par temps chaud, l'intérieur offre une grande fraîcheur. Et l'on imagine la vie douce et aisée que les Signares, ces belles métisses qui font encore rêver, menèrent en ces lieux.

C'est ensuite, plus loin du centre ville, au Nord comme au Sud, la maison basse dite maison portugaise. Généralement petite, construite en dur, elle est couverte en tuiles rouge à double pente et souvent en terrasse. On y accède par un porche décoré avec un portail en bois. A l'intérieur les chambres alignées s'ouvrent sur une large véranda fraîche.

Nous dînerons et passerons la nuit chez l’habitant.

Le lendemain, après le petit déjeuner, nous nous mettrons sur la route de Dakar.



























 

Langue de Barbarie
Embarcadaire PC PNLB
Embarquement pour l'embouchure du fleuve
Colonie de pélicans
Pélicans
Flamants roses
Oiseaux du parc
Îlot aux oiseaux
L'embouchure du fleuve
Comtemplation de l'embouchure












La carte de Saint-Louis
Saint-Louis vue aérienne
L'île de Saint-Louis vue aérienne
Le Général Faidherbe
Architecture coloniale à Saint-Louis
Architecture coloniale à Saint-Louis
Le Pont Faidherbe
Le Pont Faidherbe
La Gouvernance de Saint-Louis
La Cathédrale de Saint-Louis
Escalier aux deux volets circulaires
La cour du Lycée Ameth Fall
Aciennes maisons de commerce
Grue à vapeur
La Grande Mosquée de Saint-Louis
Vue d'un balcon en fer forgé
Maison basse dite maison portugaise
La Place Faidherbe