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 HISTORIQUE DES ÎLES DE LA MADELEINE

Les îles de la Madeleine sont constituées de deux massifs rocheux soit un gros appelé "île aux Serpents" et un petit surnommé "île Lougne". Elles sont situées à l'ouest de la presqu'île du Cap Vert au Sénégal, partie la plus occidentale de l'Afrique. A 3,8 kilomètres du point le plus proche du continent, elles font face au marché aux poissons de Soumbédioune. Elles font partie des quatre petites îles qui cernent la presqu'île du Cap Vert avec au sud l'île de Gorée et au nord les îles de Yoff et de Ngor.

Les îles de la Madeleine présentent une architecture magique. Elles sont un héritage de ce qui fut nommé le système volcanique de Dakar qui résulte d'une importante phase volcanique vieille de 5 à 7 millions d'années et qui s'étendit au sud et à l'est de la presqu'île du Cap-Vert. Trois types de roches basiques de couleur sombre découlent des coulées de lave : la basanite, la dolérite et la pregmatitoïde. En se refroidissant, elles ont formé des "colonnades de prisme", impressionnantes gerbes de roche qui donnent aux falaises un charme envoûtant.

Suite à cette période volcanique, des fissures dans les roches ont laissé s'échapper des gaz volcaniques provoquant l'intrusion de tuffs calcaires dans l'ensemble de la crique Hubert. C'est une roche blanchâtre et assez friable qui, suite à une érosion rapide, a formé la dépression de la crique.

Ce bassin naturel de 4 mètres de profondeur est le refuge d'une incroyable variété d'espèces de poisson et d'autres habitants des fonds marins. Les baignades y sont sans danger. C'est le seul endroit qui favorise l'accès à l'île aux petites embarcations.

L'île aux Serpents possède plusieurs identités. Les anciens du pays l'appelaient "Gorée gu ndjekk", c'est à dire l'ancienne Gorée dont l'origine remonterait à l'installation des premiers lébous du Cap Vert. Plusieurs appellations proviennent des navigateurs et voyageurs, mais nous en retiendrons deux : l'île aux Serpents et l'île de la Madeleine.

L'appellation "île aux Serpents", qui a longtemps fait penser qu'elle serait infestée de serpents, est récente. Elle ne figure sur aucune carte antérieure au 20 ème siècle. D'après même une légende l'expression "île aux Serpents" est une déformation de "îlot Sarpant", du nom d'un sergent rebelle de l'armée coloniale française. En guise de punition, ce soldat y avait été déporté et, par la suite, aurait demandé et obtenu l'autorisation de s'y installer définitivement. C'est de là qu'il aurait disparu.

Nous trouvons sur place les ruines de sa cabane qui est en fait la case construite par un certain Lacombe, habitant de Gorée qui a fréquenté l'île de la Madeleine d'où il prenait des blocs de basalte pour ses constructions. Il y a également pris un baobab qu'il a transplanté sur la place publique de l'île aux esclaves (île de Gorée) où l'on peut encore l'admirer.

L'appellation "île de la Madeleine" est plus ancienne. Elle provient soit du portugais Ilha de Madalena, soit du nom d'un des navires hydrographiques qui, au début du 18 ème siècle, dressèrent la carte de la côte.

C'est aussi un site archéologique avec de nombreux vestiges protohistoriques tels que poteries, outils, etc., actuellement conservés à l'Institut Fondamental de l'Afrique Noire (IFAN). La présence de l'homme sur l'île de la Madeleine remonterait à 1000-2000 ans. L'existence de celle-ci est signalée depuis bien avant la découverte de l'Amérique par Denis Diaz en 1444.

Les lébous ont dénommé les îles Lougnes îles "Lar", qui signifie "thiar", c'est à dire une ramification de quelque chose. Et dans ce contexte-ci, ces îles sont parties membre des îles de la Madeleine. Mais, c'est l'appellation îles "Lougnes", qui signifie qui affleure à la surface de l'eau, qui a été retenue.

Valentin Fernandez mentionnait "deux îlots avec beaucoup d'oiseaux, de coquillages, et d'arbres verts". D'autres explorateurs et voyageurs en parlaient dans leurs notes toujours avec cette mention de la présence des oiseaux dont les fientes donnent cette couleur blanche aux roches basaltiques qui les constituent. Ainsi les Hollandais les ont appelées les "Iles Conchiées" alors qu'au 17 ème d'Arbancourt parle d'"Isles de Merde".

En 1749, Adanson visite l'île et découvre le baobab qui portera désormais le nom scientifique d'Adansonia digitata.

En 1765, ces îles sont cédées à perpétuité à la couronne de France par le Damel du Cayor, un ancien royaume du Sénégal.

En 1770, le sieur Lacombe y construit sa case. Il tente d'y cultiver des légumes et échoue, tout comme plusieurs tentatives auparavant et par la suite.

En 1944, il y a eu un projet pour transformer l'île en un centre héliomarin de l'Afrique Occidentale Française.

Les îles de la Madeleine ont pu maintenir un équilibre naturel grâce à la limitation de toutes agressions humaines. Cette préservation est due entre autres à leur éloignement du continent, à leur exposition du côté de la houle, contrairement à Gorée, ce qui rend son mouillage difficile et parfois dangereux, mais surtout de son statut très respecté de demeure du génie protecteur des lébous de Dakar, Ndeuk Daour qui s'oppose à toutes installations humaines. Cependant avec le développement urbain de Dakar, elle n'a pas manqué de subir des actions anthropiques (croissance de l'activité de la pêche avec la création du marché aux poissons de Soumbédioune).

L'Etat décide alors de prendre des mesures appropriées pour la défense écologique du site. Les îles de la Madeleine furent érigées en réserve par arrêté en 1949, puis décrétées parc national en 1976.


 LE PARC NATIONAL DES ÎLES DE LA MADELEINE

Couvrant une superficie de 50 hectares, le Parc National des Iles de la Madeleine est le plus petit parc marin au monde. Il comprend la grande île, les îles Lougnes et une partie de la mer qui s'étend sur 50 mètres à partir des îles. Il est situé au large de Dakar à environ 3,8 kilomètres.

Les îles Lougnes sont constituées de deux récifs. Ces derniers sont inaccessibles et ressemblent à des sentinelles devant une forteresse.

La grande île, pareille à un mammouth semi-immergé, possède deux criques : la crique Hubert qui la rend accessible en pirogue et la crique Nord.

Le parc est une île volcanique en milieu marin, limité par des falaises abruptes. Ces falaises protègent l'île des vagues. C'est une île rocheuse à couverture steppique. Les falaises abruptes, rochers en forme de pics, n'arrivent pas à retenir le sable dans l'île, d'où sa rareté dans ce sanctuaire. Les formes des roches, leur inclinaison, leur cassure témoignent d'un mouvement tectonique très important.

Le parc permet la sauvegarde d'une faune ichtyologique particulièrement abondante des fonds marins rocheux peu profonds. La pêche y est interdite. La plongée sous-marine offre pleine de curiosités (grande diversité de faune et de flore).

L'île aux Serpents, de par son caractère insulaire et sa composition essentiellement faite de basanites, présente un couvert végétal particulier, très spécifique. Quelques baobabs de forme naine et des buissons ne dépassant pas 5 mètres résument succinctement quelques aspects typiques de la végétation de l'île adaptée à l'insularité du milieu, au sol volcanique et au vent du large. Des espèces de plante, très prisées par les botanistes, sont répertoriées sur le parc.

Les îles accueillent de grands cormorans (Phalacrocorax carbo). On y observe également les balbuzards pêcheurs (Pandion haliaetus) et les fous de Bassan (Sula bassana) pendant leur migration. Mais elles hébergent surtout un oiseau magnifique, le principal habitant qui y réside en permanence : le Phaéton, l'emblème du parc. Il fait toute toute sa fierté.


 LE JOYAUX DU PARC : LE PHAETON

Le Phaéton, Phaeton aethereus mesonauta, qui appartient à l'ordre des Pélécaniformes et à la famille des Phaéthontidées, constitue une grande curiosité. C'est un oiseau rare d'une beauté exceptionnelle qui ne niche que dans trois sites au monde : les îles de la Madeleine au Sénégal, les îles Asunción et les îles du Cap Vert.

Sa caractéristique principale lui confère le nom de "Phaéton à bec rouge". Cet oiseau est une espèce pélagique, ce qui signifie qu'elle est exclusivement présente en haute mer. En effet, les phaétons vivent en pleine mer et ont parfois été observés à plusieurs centaines de kilomètres de toutes terres. Ils trouvent leur repos en se posant sur l'eau et sont très rarement observables à terre en dehors de leur période de reproduction dans les îles citées ci-dessus.

Le comportement en mer de cette espèce pélagique est mal connu car les populations sont faibles et les individus restent isolés ou en couple. Ce que nous savons, c'est qu'elle se nourrit de poissons tels que les poissons-volants et les sardinelles ainsi que de calamars qu'elle capture en plongeant à la verticale à la façon d'une Sterne.

Le Phaéton peut se voir confondre avec une Sterne, mais s'en distingue par la présence de palmes entre les quatre orteils. Il mesure 90 à 105 centimètres de long pour une envergure de 99 à 106 centimètres et a le dessus barré et le trait oculaire noir. C'est un excellent voilier mais incapable de marcher. Il présente un plumage blanc et noir par endroit, un bec rouge et une queue faite de longues plumes qui lui confère le nom de "Paille en Queue". Il l'agite élégamment au cours de la parade nuptiale.

Il n'existe pas de signes distinctifs entre le mâle et la femelle. La grande saison nuptiale débute au mois de décembre. Il niche dans les crevasses des rochers. Sa survie est toujours critique puisque qu'il ne pond qu'un oeuf que le couple couve deux mois en permanence. L'oiseau n'a que deux périodes de ponte dans l'année, c'est à dire une fois tous les six mois.

Quarante jours après l'éclosion, le petit commence à voler. Le juvénile se différencie de l'adulte par son bec de couleur jaune orangé et l'absence de rectrices centrales. 

Le Phaéton vit régulièrement dans l'île de la Madeleine. Il ne change pas de nid et si les petits grandissent, c'est alors aux parents de trouver un nouveau nid ailleurs.

Le Phaéton ou "paille en queue" n'a pas peur de l'homme. Il se laisse approcher et peut venir à la rencontre de son observateur, un moment inouï. Il en existe un millier dans l'île pour cinq cents nids, d'où le grand intérêt de protéger ce milieu.

L'île de la Madeleine , qui abrite un oiseau rare et exceptionnel, contribue à la restauration de la biodiversité de l'île de Yoff, Teunguène, en fournissant des espèces végétales indigènes. En effet, cette île, étape pour les oiseaux migrateurs, est le refuge d'une diversité végétale et marine de plus en plus menacée par l'homme.


 L'ÎLE DE TEUNGUENE

Située à 500 mètres du rivage avec une surface d'à peine 200 m2, l'île de Teunguène fait face au village de Yoff. A l'instar des îles de la Madeleine, elle a une origine volcanique. Elle comporte au nord une falaise de 8,7 mètres de haut qui marque le point culminant de l'île. Son relief s'incline vers le sud en une pente qui descend jusqu'à la mer. Excepté le côté qui fait face au village où reste une petite plage et où accostent les pirogues, les côtes sont principalement occupées par des rochers d'assez grande taille.

L'île de Teunguène, vierge de toute construction, était autrefois réservée aux cérémonies rituelles. En effet, c'est la demeure d'un génie des lébou, Mame Woré Moll. En outre, elle fut une étape pour les oiseaux migrateurs et refuge d'une diversité végétale et marine. Mais depuis quelques temps, elle s'est vue confrontée à des problèmes d'origine anthropique. Des pêcheurs sous-marins et des enfants y allaient pour prélever des coquillages et des crustacés. Cette fréquentation y a provoqué une dégradation très poussée. De plus, les moutons et les chèvres déposés dans l'île afin de protéger les champs localisés sur la terre ferme avaient eu un impact négatif sur la végétation.

Afin de sauvegarder ce sanctuaire symbole de l'attachement du peuple lébou à la nature terrestre et marine, ainsi qu'à son génie tutélaire Mame Ndiaré, les autorités religieuses, coutumières et civiles, les acteurs économiques et les habitants de Yoff ont accepté, par consensus, d'ériger l'île en Aire du Patrimoine Communautaire. Une Aire de Patrimoine Communautaire est autre conception des aires protégées dont la particularité est que sa création, sa gestion et sa surveillance sont sous la seule autorité de la population locale. Depuis, aucun mouton ni chèvre n'a plus été débarqué sur l'île. Désormais, la pêche y est strictement réglementée et la collecte des coquillages suspendue dans le périmètre de conservation. Ces mesures ont facilité la régénération de la biodiversité qui y est actuellement constatée.

Aussi, pour la restauration de la couverture végétale de Teunguène, des individus seront prélevés parmi les espèces indigènes encore présentes dans le parc national des îles de la Madeleine. Cette reconstitution permettra peut être la nidification d'oiseaux marins qui restitueraient pleinement à Teunguène son caractère de patrimoine vivant.

Cette île est la première au monde à être proclamée en juin 1998 Aire du Patrimoine Communautaire de Teunguène. l'Union Mondiale pour la Nature (UICN) aussi bien que l'UNESCO s'y intéressent. A la suggestion de l'UNESCO, le concept des Aires du Patrimoine Communautaire a été diffusé en Afrique de l'Ouest. La multiplication de ces Aires permettrait de répondre à la nécessité de gérer l'environnement global en dehors des aires protégées classiques. Leur vocation serait d'entraîner les populations dans une démarche de développement économique compatible avec la conservation de leurs valeurs culturelles, de leurs ressources et de leur environnement naturel.

L'île de Teunguène, Aire du Patrimoine Communautaire de Yoff, a aussi une histoire assez fantasque et entourée de mystères, en ce sens qu'elle est le siège d'autels domestiques et la demeure d'un génie des lébou, Mame Woré Moll. Ce caractère sacré de l'île fait qu'elle est très respectée des populations lébou de Yoff.


 LES LEBOUS DE YOFF

Originaires de la vallée du Nil, en Haute Egypte, les lébous, peuples de la mer, ont émigré par progression de petits groupes et, dès le 11 ème siècle, leur présence a été notée dans le royaume du Djolof, au centre du Sénégal. Ce royaume exerçait sa domination sur tout le pays de 1116 à 1549.

Restés longtemps insoumis à l'autorité du roi, les lébous furent chassés du Djolof. Ils s'installèrent dans la presqu'île du Cap-Vert après avoir contraint les occupants, l'ethnie socée, à quitter les lieux.

Ils fondèrent plusieurs villages le long du littoral, parmi lesquels nous pouvons citer Yoff.

Les lébous habitent au bord de la mer, qui d'après eux est un monde peuplé d'êtres mystérieux, fastes ou néfastes, mais tous inquiétants que sont les génies. Ils ont lié alliance avec ces derniers qui sont garants de leur sécurité et de leur prospérité. Ils leur ont transmis des connaissances sur la mer. C'est ainsi, par exemple, qu'ils savent toutes les paroles qu'il faut réciter pour pêcher beaucoup de poissons, apaiser la fureur de la mer, etc.

L'ethnie léboue croit aux fétiches et dans tous les villages et familles, des sacrifices sont faits périodiquement aux génies protecteurs qui sont dispensateurs de bien et de mal. C'est ainsi qu'à Yoff, les lébous se livrent à des cérémonies rituelles appelées Tuuru ou Ndeup. Ce sont des pratiques très respectées au cours desquelles un animal est immolé et le sang versé sur l'autel.

Tous les lébous de Yoff sont sous la protection d'un grand génie, Mame Ndiaré. Cependant chaque grande famille (xeet) a son propre génie en plus de ce génie commun. Si une famille reste trop longtemps sans faire de sacrifices à son génie (rab), celui-ci se sent offensé et inflige une punition à certains de ses membres en les rendant malades. La victime peut souffrir d'une maladie incurable ou être alitée pendant longtemps. Dans ces cas là, les médecins ne pourront pas la soigner. C'est en ce moment que les lébous font appel au ndeup ou au tuuru.

S'agissant du ndeup, on sacrifie soit un bœuf, soit une chèvre ou un poulet. Ces sacrifices sont offerts au cours de cérémonies d'exorcisme. L'exorciseur est une personne jouissant de legs traditionnels, de pouvoirs surnaturels qui lui permettent de communiquer avec les génies du bien ou du mal. Le jour du ndeup, il est habillé de costumes traditionnels avec des amulettes visibles. Ces cérémonies sont accompagnées de chants et de danses traditionnelles.

Le tuuru quant à lui, se présente sous plusieurs formes. Nous avons le tuuru individuel, le tuuru familial et le tuuru commémoratif ou grand tuuru de Mame Ndiaré.

Le tuuru individuel est un rituel que l'individu fait à l'endroit de son rab, le génie protecteur de sa famille. Le rituel de ce tuuru se fait sur l'autel sacré, lieu de sacrifice et maison du rab. L'individu vient vers le rab pour demander de l'aide dans les domaines personnels ou thérapeutiques. Ici on ne tue ni bœuf, ni chèvre, ni poulet. On offre au génie simplement de la pâte de mil, du lait que l'on verse sur les autels sacrés (khambs).

Dans le cas du tuuru familial, nous prendrons l'exemple de celui d'une des plus anciennes familles implantées dans le village de Yoff, les Mbengue. Une fois par an, cette famille organise un tuuru dédié à son génie protecteur Mame Woré Moll, demeurant à l'île de Teunguène. Il s'étale sur une journée et est le tuuru familial le plus célèbre. Les offrandes et chaque détail du déroulement de la cérémonie répondent aux exigences de Woré Moll.

Le tuuru commémoratif ou grand tuuru, que nous vous proposons dans le programme, est un rituel voué au génie protecteur du village, Mame Ndiaré. Il marque l'anniversaire de l'indépendance du village de Yoff des habitants de Cayor. Il ne se fait pas à une date fixe car c'est Mame Ndiaré qui entre en contact avec certaines personnes pour les inciter à préparer le rituel. Chaque habitant donne une contribution en argent ou en nature (noix, lait, etc.) qu'on collecte pour l'amener à Dieuw qui est la demeure de Mame Ndiaré. A la demande de Mame Ndiaré, seulement une chèvre noire est destinée au sacrifice pendant le tuuru. Les villageois vont déposer le sang, les pattes, les os, et les cornes à des endroits indiqués qui sont des sites sacrés du panthéon lébou. Le tuuru dure huit jours et d'autres animaux sacrifiés pour la circonstance sont destinés aux festivités de la cérémonie.

Il est important de préciser que le grand tuuru et le tuuru familial des Mbengue ont les mêmes objectifs. Les "retombées" du rituel des Mbengue touchent tout le village bien qu'il ne soit que familial et ainsi considéré comme complémentaire de celui dédié à Mame Ndiaré.

Très conservateur, le peuple lébou s'adonne toujours à ces pratiques païennes, d'où l'importance et le respect qu'il accorde à certains lieux naturels marins, du fait de leur caractère sacré. En effet, ces derniers abritent ou symbolisent leurs génies protecteurs. C'est le cas de l'île de Teunguène pour les lébou de Yoff et des îles de la Madeleine pour les lébou de Dakar.