Motivations du participant :
- Recherche d’authenticité culturelle et de nouvelles connaissances
- Rencontre avec les peuples
- Voyager équitable et responsable
- Participer à la sauvegarde des cultures.

Principales attractions :
- Organisation de manifestations et cérémonies culturelles traditionnelles 
- Découverte de sites sacrés, légendaires et mythique 
- Rencontre avec les populations indigènes 
- Culture pleine de subtilité 
- L’existence de populations autochtones traditionnelles, hospitalières 
- Découverte d’un peuple conservateur
- Guide dynamique et instructif.

Activités :

Mame Ndiaré, génie protecteur de Yoff, est honorée par un tuuru organisé annuellement. Cette manifestation communément appelée tuuru commémoratif ou grand tuuru est un rituel qui marque l'indépendance du village de Yoff des habitants de Cayor. Celle-ci est acquise grâce à l'appui de Mame Ndiaré. La date du tuuru est indéterminée car c'est Mame Ndiaré qui entre en contact avec certaines personnes pour les inciter à la préparation.

Après une nuit calme, nous nous réveillerons pour prendre un petit déjeuner. Sept coups de tam-tams ne tarderont pas à nous annoncer le début de la cérémonie. Guidés par le son des tam-tams, nous irons y assister avec enthousiasme.

Nous nous rendrons à la maison de la famille organisatrice d'où la procession va prendre le départ pour les différents sites qui représentent chacun une étape du tuuru. En effet, le tuuru dédié à Mame Ndiaré, génie protecteur du village de Yoff, comprend cinq étapes principales attachées chacune à un site particulier : Dieuw, Dieufougne, Keusoupe, Kheutgue et Soussegue. Ces lieux sont liés à l'histoire de deux rabs qui ont contribué à l'indépendance du village de Yoff : Mame Ndiaré et Mame Woré Moll ainsi qu'à l'histoire d'un habitant de Yoff qui fut aidé par un djinné qui est un esprit, un être surnaturel. Nous tâcherons de ne manquer à aucune étape.

Dieuw
Avant le départ pour les cinq sites, les officiants irons se préparer dans la maison de la famille organisatrice. Les prêtresses se pareront de nombreux gris-gris, que ce soit des ceintures, des bracelets, des colliers ou des éléments dans leur coiffure. Lorsqu'elles seront prêtes, des danses et des chants au rythme des tam-tams dédiés au rab accompagneront la procession jusqu'à Dieuw, demeure de Mame Ndiaré. La procession sera conduite par une femme de la famille organisatrice qui remplit le rôle de grande prêtresse, mais d'autres prêtres et prêtresses des rites de possession par les rabs seront présents.

Dieuw est situé au cœur du village, dans le quartier de Ndénate, et est constitué de trois pierres posées à même le sable. Ces trois pierres sont soutenues par trois racines. Elles constituent le siège de Mame Ndiaré pour surveiller la mer et le village afin de prévenir les yoffois en cas d'agression. Elle s'assoit sur l'une des pierres et pose ses pieds sur les deux autres. Ces pierres symbolisent trois îles de la presqu'île du Cap-Vert : les îles de la Madeleine, l'île de Ngor et enfin celle de Yoff (Teunguène).

Arrivés à Dieuw, des femmes pilent le mil devant servir à préparer la pâte de mil, alors que des hommes se chargeront d'égorger l'animal à sacrifier. Pendant tout ce temps, le tam-tam ne cessera de résonner et les femmes de chanter et de danser pour honorer Mame Ndiaré. Les officiants font sept fois le tour des pierres avant de verser la pâte préparée et le sang de l'animal dans les trous des pierres. La viande de l'animal sacrifié est préparée pour tous les participants.

Après le déjeuner, la procession se poursuit au rythme de tam-tams et de chants en compagnie de tout le village en liesse jusqu'au deuxième site : Dieufougne.

Dieufougne
Dieufougne est le puits de Mame Gana Diop, cultivateur pauvre qui par la suite avait été rendu riche par un djinné. Ce puits est primordial dans la préparation des cérémonies en particulier et dans l'univers mythique des lébou en général. Il est situé à l'est, à la limite des quartiers Ndénatte et Tonghor, dans un large trou bordé de pierres au niveau desquelles a poussé un baobab. L'eau de ce puits est utilisée pour la préparation des offrandes.

L'ensemble du groupe s'organise en cercle autour du puits afin d'en faire encore sept fois le tour, sept étant le chiffre des rabs. Les tours se font au rythme du tam-tam. La prêtresse principale et ses assistantes tournent au plus près du puits et font les offrandes rituelles sur les parois du puits et le tronc du baobab. En plus de celles-ci, on compte dans le cercle, d'autres actrices qui ont au moins été une fois possédées par un rab. Elles sont toutes vêtues de la même manière. Ce cercle est disposé de sorte que chaque femme soit précédée de celle qui a été possédée bien avant elle. Elles ont une obligation morale de participer à cette danse sous les incantations des prêtresses accompagnées des battements des tam-tams et des acclamations des villageois venus assister à la cérémonie.

Après avoir fait les offrandes, de l'eau du puits, considérée comme sacrée, est puisée et déposée à sa proximité où l'assistance vient s'en verser sur les pieds et sur le visage pour se purifier.

Après cette étape de Dieufougne, la foule continue sa marche en procession lente et très animée vers Keussoup.

Keusoup
La procession progresse jusqu'à la plage de Keusoup située sur une côte rocheuse. Au niveau des innombrables pierres qui jonchent le rivage, les offrandes sont déposées sur des rochers que seuls les initiés peuvent reconnaître car ne se distinguant pas des autres. D'ailleurs, les bœufs offerts par un djinn à Mame Gana Diop provinrent de cette mer.

Après Keussoup, l'étape suivante est le site de Kheutgue.

Kheutgue
Kheutgue est une portion de plage située en face de l'île de Teunguène. C'est l'une des demeures du génie Woré Moll et est proche de Keusoup. Cette étape est assez brève. Elle marque une reconnaissance à Mame Woré Moll pour avoir prêté main forte à Mame Ndiaré lors de la bataille contre le Diambour. Ici les prêtresses jettent les offrandes (pâte de mil, lait caillé) dans les vagues pour qu'elles soient transmises au génie de l'île de Teunguène par la mer. Ceci se fait sous les regards et liesse de la foule. Celle-ci est à la fois spectatrice et actrice. Spectatrice parce qu'elle suit avec intérêt et passion les activités des prêtresses. Actrice parce qu'elle peut même aller jusqu'à entrer en transe et être le point de mire de l'assistance.

Nous continuerons la route vers la dernière étape, Soussegue. En cours de route, les prêtresses marqueront des temps d'arrêt de quelques minutes pour faire des offrandes à des génies extérieurs à Yoff (Sangomar, Saint Louis, etc.). Jetées dans les vagues, ces offrandes leur seront transmises par la mer.

Soussegue
Une marche d'environ 2 kilomètres sur la plage de Yoff, permettra à la procession d'atteindre le site de Soussegue. Ce site est situé complètement à l'est du village et est l'une des demeures de Woré Moll. Il est formé de cinq pierres : une centrale plus grosse, entourées de quatre plus petites sur lesquelles on verse les offrandes. Soussegue est la dernière étape du tuuru.

Avec Dieuw, demeure de Mame Ndiaré, les étapes de Kheutgue et de Soussegue, dédiées à Mame Woré Moll, permettent de commémorer la victoire de la bataille de Yoff contre le royaume du Cayor.

Le tuuru s'étale sur cinq jours successifs : du lundi au vendredi. Toutes ces cinq étapes sont effectuées le premier jour c'est à dire le lundi.


 





 
Procession de la grande prêtresse accompagnée de la foule vers Ndieuw
Siège du génie Mame Ndiaré à l'intérieur de Ndieuw
Entrée des prêtresses dans l'enceinte de la cérémonie à Ndieuw
La prêtresse et ses lieutenants faisant le tour de Ndieuw
Entrée de la grande prêtresse dans l'enceinte
La grande prêtresse cassant des oeufs sur l'animal à sacrifier
Puits de Dieufougne
Offrande de lait caillé sur les parois du puits de Dieufougne
Danse autour du puits de Dieufougne
Offrande rituelle de lait caillé sur le site Keussoup
Offrande au site de Kheutgue
Offrande de pâte de mil sur le site Soussegue
Manifestations folkloriques
Une femme tombée en transe pendant la danse
Prestations des saltigués